Artist Anne Brenner wants to capture the essence of Africa so she invites muddy-footed rhinos and hippos to walk on her freshly-painted canvases. « What I want is to capture all the traces of Africa – the soil, the sun, the rain and the animals – all on my canvases, » said Brenner, who arrived in the Ivory Coast in April. Brenner, a Paris-based painter with dual french and canadian citizenship, takes canvases painted in a studio to remote animal watering holes throughout this small west african country. There, with the help of guides, she scouts out spots where animals are plentiful and spreads a canvas in the mud where animals are likely to step on it. « There, over there – that’s much muddier, » she said, directing a guide during a recent expedition to move a canvas as close as possible to the hippo-filled waters of the Bandama River. The canvases are painted beforehand in the rusty browns and sandy tones of the ivorian savannah. At the site Brenner covers them with the mud and even animal dung to disguise them, then leaves them for days or even weeks on end. « This, she said, is getting to the heart of existence. » But much of the time animals find a way to walk around the unfamiliar obstacle in their path – even if they have to backtrack and come out of the river somewhere else. Occasionally Brenner has to dive to retrieve canvases covered by rising rivers and recently she began wearing a reflecting pendant to protect against spitting cobras.  And she has met interesting people along the way, including a village chieftain who probably had little idea what she was doing but sacrificed a chicken anyway. « The very next day a hippopotamus walked on one of my canvases, she said. Never before had it happened so fast. »
Michael Roddy, Abidjan, Reuters

Anne Brenner veut saisir l’essence de l’Afrique en invitant les pattes boueuses de rhinos et hippos sur ses toiles fraîchement peintes. « Ce que je veux, c’est saisir toutes les traces de l’Afrique – le sol, le soleil , la pluie et les animaux- tout cela, sur mes toiles » dit Brenner, qui est arrivée en Côte d’Ivoire en avril. Brenner, une peintre basée à Paris avec une double nationalité française et canadienne, pose des toiles, préalablement peintes en atelier, au bord de lointaines mares où s’abreuvent les animaux, quadrillant tout ce petit pays de l’ouest africain. Là, avec l’aide de pisteurs, elle repère les lieux où vivent les animaux et étend ses toiles dans la boue où les animaux risquent de passer. « Là, plus loin, c’est plus boueux » dit-elle, s’adressant à un pisteur au cours d’une récente expédition où elle a posé des toiles aussi proche que possible des eaux abondantes en hippopotames du fleuve Bandama. Les toiles sont peintes à la main dans les tons brun rouille et blond sableux de la savane africaine. Sur le site, Brenner les couvre avec de la boue ou avec la bouse des animaux pour les camoufler, puis les laisse durant des jours ou même des semaines. "Cela, dit-elle, atteint au cœur de l’existence. " Mais la plupart du temps, les animaux trouvent un chemin pour contourner l’obstacle inhabituel, même s’ils doivent retourner sur leurs pas ou sortir du fleuve par un autre passage. Parfois, Brenner doit plonger pour récupérer les toiles recouvertes par les crues du fleuve et elle a récemment commencé à porter un miroir à la ceinture pour se protéger des cobras cracheurs. Elle fait des rencontres intéressantes dont un chef de village qui n’avait probablement aucune idée de ce qu’elle faisait mais qui a tout de même organisé la cérémonie du sacrifice d’un poulet. « Le jour suivant, exactement, un hippopotame a marché sur l’une de mes toiles, dit-elle. Jamais avant, cela n’était arrivé si vite. »
Michael Roddy, Abidjan, Reuters